Notre histoire

L’histoire du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap a été marqué par les deux prodiges. L’un de 1879 et l’autre de 1888. Voici les récits de ces prodiges, ainsi que quelques dates importantes de notre histoire.

Le pont de glace

En 1873, la population de Cap-de-la-Madeleine est d’environ 1 300 habitants. La petite église paroissiale ne peut contenir les paroissiens qui deviennent de plus en plus pratiquants.

Il faut songer à construire une église plus grande. Mais les gens sont pauvres et le sol sablonneux du Cap ne contient pas de pierre. Pour raison d’économie, on envisage donc de démolir la vieille église (il s’agit du Petit Sanctuaire actuel) et d’en utiliser les pierres dans la construction de la nouvelle. On prendra le reste de la pierre nécessaire sur la rive sud du fleuve, à Sainte-Angèle, en face de Cap-de-la-Madeleine.

Les années passent sans que le projet prenne forme. Ce n’est qu’à la fin des années 70 que les marguilliers font préparer de la pierre sur la rive sud pour la transporter plus tard sur le fleuve Saint-Laurent.

Arrive le temps prévu pour le transport de cette pierre : l’hiver 1878-79. Or cet hiver est très doux. Tellement que la glace ne prend pas sur le fleuve. Les paroissiens se tournent vers la Vierge Marie. Tous les dimanches, on dit le chapelet pour obtenir un pont de glace sur le fleuve. Les mois passent, janvier, février… On est rendu au début de mars. Toujours pas de glace solide… Les gens tiennent bon dans la prière. Le curé Luc Désilets promet alors à la Sainte Vierge de lui consacrer la petite église si on peut transporter la pierre pour commencer la construction envisagée.

Ce n’est qu’au soir du 16 mars, qu’un passage de glace se forme d’une rive à l’autre du fleuve. (Une distance d’environ deux kilomètres.) Du 19 au 25 mars, on peut faire le transport avec une centaine de voitures tirées par des chevaux. Les gens qui ont charrié la pierre sur ce pont de glace l’ont eux-mêmes baptisé le  » pont des chapelets « . Ils en étaient certains: ce pont était la réponse de Marie à leur prière. Commencée l’été suivant, la nouvelle église Sainte-Marie-Madeleine pouvait être bénite par Mgr Louis-Francois Laflèche, évêque de Trois-Rivières, au mois d’octobre 1880. L’ancienne église fut ainsi épargnée de la destruction : la Sainte Vierge avait ses vues sur elle. Mais jusqu’à maintenant, tout s’est déroulé dans le cadre d’une paroisse ordinaire. Il n’est pas encore question d’un sanctuaire.


Les yeux de Notre-Dame-du-Cap

Ce qu’on appelle le « Prodige des yeux » constitue le deuxième « événement fondateur» du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

La vieille église paroissiale devient un sanctuaire dédié à la Vierge Marie. Une fois la construction du nouveau temple terminé, l’ancienne petite église est libre. Le curé Luc Désilets peut remplir sa promesse et la dédier à la Vierge Marie. La cérémonie aura lieu le 22 juin 1888. Cette date est à retenir: elle marque le commencement du Sanctuaire Notre-Dame du Cap. Le père Frédéric, franciscain, (le Bx Frédéric Jansoone) participe à la célébration et donne le sermon. Il a des paroles « prophétiques » : « Dorénavant, ce sanctuaire sera celui de Marie. Des pèlerins viendront de toutes les familles de la paroisse, de toutes les paroisses du diocèse et de tous les diocèses du Canada. »

Jusque-là, la statue de la Sainte Vierge s’était trouvée dans la chapelle latérale de la petite église. Après la messe de ce 22 juin, elle fut placée au-dessus du maître-autel où elle est toujours depuis. L’ancienne église paroissiale de Sainte-Marie-Madeleine devenait officiellement le Sanctuaire de Notre-Dame du Très Saint Rosaire. C’était là le titre de la Vierge honorée à Cap-de-la-Madeleine.

Ce même jour du 22 juin 1888, vers 19 heures du soir, 3 hommes entrèrent prier dans la petite église nouvellement dédiée à la Vierge du Rosaire. C’était le curé Désilets, le père Frédéric et M. Pierre Lacroix, un homme handicapé. Pendant qu’ils priaient devant la table de communion, quelque chose d’extraordinaire se produisit. Voici comment le père Frédéric en a parlé : « La statue de la Vierge, qui a les yeux entièrement baissés, avait les yeux grandement ouverts; le regard de la Vierge était fixe; elle regardait devant elle, droit à sa hauteur. L’illusion était difficile : son visage se trouvait en pleine lumière par suite du soleil qui luisait à travers une fenêtre et éclairait parfaitement tout le sanctuaire. Ses yeux étaient noirs, bien formés et en pleine harmonie avec l’ensemble du visage. Le regard de la Vierge était celui d’une personne vivante; il avait une expression de sévérité, mêlée de tristesse. Ce prodige a duré approximativement de cinq à dix minutes. »

Quelques dates dans l’histoire du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap

  • Arrivée des missionnaires jésuites, dont le père Jacques Buteux en 1639. Il meurt martyr en 1652 dans la Haute-Mauricie.

  • Construction d’une première chapelle par Pierre Boucher sur un terrain appelé fief Sainte-Marie.

  • Début de la construction de la première église paroissiale construite en pierre. Cette église, inaugurée en 1720 et construite sous le Régime français, est l’une des plus anciennes églises du Canada. On la nomme aujourd’hui Petit Sanctuaire.

  • En l’année de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, un paroissien fait don à l’église d’une statue de la Vierge. Cette statue de Notre-Dame du Cap, placée au dessus de l’autel, est toujours vénérée dans le Petit sanctuaire.

  • Les paroissiens veulent une nouvelle église plus grande. Ils doivent traverser les pierres sur le fleuve gelé en hiver. Le temps doux de l’hiver 1879 les empêche de faire ce travail. Le curé, l’abbé Luc Désilets demande aux paroissiens de réciter le chapelet. Un pont de glace se forme sur le fleuve. Ce pont est appelé Pont des chapelets.

  • Le 22 juin, la petite église est consacrée à Marie. Le même soir, le Père Frédéric o.f.m., l’abbé Luc Désilets et M. Pierre Lacroix voient la statue de la Vierge ouvrir les yeux. En 1904, cette statue de Notre-Dame-du-Cap est couronnée par le délégué du pape Pie X.

  • Arrivée des Oblats de Marie Immaculée comme gardiens du Sanctuaire. Par la suite les terrains sont aménagés et les pèlerinages se font de plus en plus nombreux.

  • Une statue pèlerine de Notre-Dame du Cap fait une tournée dans tout le Canada. Cette tournée se termine en 1954 au Congrès marial national qui s’est déroulé au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. Second couronnement de la Vierge par le délégué du pape Pie XII.

  • Construction de la basilique. La construction se termine en 1964. Adrien Dufresne en est l’architecte.

  • Le 10 septembre, pèlerinage du pape Jean-Paul II. Il a été accueilli par une foule évaluée à 75 000 personnes.

  • Célébration du 100e anniversaire du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. Le 25 septembre, béatification à Rome du co-fondateur le Père Frédéric o.f.m.