Voici, un article de la chronique « En quête de Dieu » de la Revue Notre-Dame-du-Cap publié dans le numéro d’avril 2022 écrit par Bianca Mailloux.

Le choisi

J’ai découvert une série vraiment inspirante sur Jésus et j’ai envie de vous la faire connaître à mon tour. Il s’agit de la série The Chosen, maintenant offerte en version française. Ce titre, qui veut dire « le choisi », faisait pour moi clairement référence à Jésus, mais en écoutant la série, on réalise peu à peu que le vrai chosen, c’est en fait chacun de nous que Dieu a choisi. J’ai regardé les deux premières saisons, j’attends la suite avec impatience.

DIVERSITÉ DES APPELS

Les relations humaines sont vraiment au cœur de cette série et c’est ce que je trouve extraordinaire. On reconnaît la diversité des appels pour chacun des disciples et l’importance primordiale de l’arrivée de Jésus dans leur vie. On saisit très humainement, très concrètement, pourquoi Matthieu a choisi de laisser son poste de collecteur d’impôts qui lui permettait pourtant une vie bien confortable. Il est campé dans un personnage très typé, structuré, amoureux des chiffres et plutôt malhabile en relations interpersonnelles. Je ne l’avais jamais envisagé de la sorte. Cette série me montre un Matthieu aux traits modernes d’un jeune Asperger à qui Jésus donne du crédit. On voit aussi Marie­-Madeleine, d’abord libérée des démons qui l’habitaient et qui, plus tard, rechute dans ses problèmes de jeu. Jésus viendra à sa rencontre et la relèvera par son pardon et son amour inconditionnel. Là encore, un clin d’œil intéressant dans la modernité. Comme quoi elle est toujours vivante, cette parole de Dieu!

Mais le personnage qui m’a le plus touchée dans la première saison, c’est Nicodème. Il est la trame de fond, celui qui cherche qui est donc ce Jésus de Nazareth. Dans mon imaginaire, il incarnait un conservatisme un peu trop strict qui ne comprenait rien aux allusions spirituelles de Jésus, mais dans la série, on le retrouve bouleversé, en quête, en recherche. J’ai alors été émue par le cheminement de ce vieux pharisien questionnant les pratiques du Sanhédrin à l’égard de cet homme qui semblait être le Messie. Il était le rabbin des rabbins et malgré tout, son cœur ouvrait la porte pour écouter le rêve de Dieu pour l’humanité. Il m’a fait penser au pape François.

LA RÉVOLUTION DU SEIGNEUR

Je me demande parfois si notre façon de vivre l’Église au Québec n’est pas encore teintée d’un certain pharisianisme. Sommes-­nous tellement à l’écoute des volontés de Dieu? En écoutant The Chosen, je me pose la question. Par contre, l’image magnifique de ce Jésus qui réussit à réunir des disciples d’horizons si différents et à les faire s’apprécier malgré tout nous donne encore le chemin à suivre. Il le répète à Simon le Zélote: je ne suis pas venu pour une révolte, mais pour une révolution. Ouvrons nos esprits à ta révolution, Seigneur! Bon temps pascal.